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Le jardin d'Éden


Au commencement, était le néant et Dieu créa le Ciel et la Terre, les Ténèbres et la Lumière, l'Eau et la terre mais il créa également ce que tous et chacun recherche avec passion : le jardin d'Éden. De tous les temps et de toutes les époques les hommes tentent de recréer ce Paradis mythique.

Cette page est consacrée à ce Paradis perdu que tous recherchent avidement . Les textes cités ici sont tous tirés d'un merveilleux petit livre, "Tous les jardins du monde", de Gabrielle Van Zuylen aux Éditions Découvertes Gallimard, Art de vivre.

 


  
Au commencement, Dieu Tout-Puissant planta un jardin.
Et en vérité, c'est le plaisir humain le plus pur.
Le plus grand rafraîchissement de l'esprit des hommes;
sans lequel bâtiments et palais ne sont qu'ouvrages grossiers.
Et on verra toujours, quand seront venus les temps
de politesse et d'élégance,
les hommes bâtir avec majesté
avant de jardiner avec finesse :
comme si le jardinage état l'art suprême.
 
Sir Fancis Bacon
Of Gardens, 1625

 

 


La création du Paradis


Le premier jardin, le jardin d'Éden, avait était planté par Dieu, et Dieu créa le premier homme, le premier jardinier, Adam. La Bible est la base.

Au temps où Yahvé Dieu fit la terre et le ciel, il n'y avait encore aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs n'avait encore poussé, car Yahvé Dieu n'avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n'y avait pas d'homme pour cultiver le sol. Toutefois, un flot montait de terre et arrosait toute la surface du sol. Alors Yahvé Dieu modela l'homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l'homme devint un être vivant.

Yahvé Dieu planta un jardin en Éden, à l'orient, et il y mit l'homme qu'il avait modelé. Yahvé Dieu fit pousser du sol toute espèce d'arbres séduisants à voir et bons à manger, et l'arbre de vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Un fleuve sortait d'Éden pour arroser le jardin et de là il se divisait pour former quatre bras. Le premier s'appelle le Pishôn : il contourne tout le pays de Havila, où il y a l'or ; l'or de ce pays est pur et là se trouvent le bdellium et la pierre d'onyx. Le deuxième fleuve s'appelle le Gihôn : il contourne tout le pays de Kush . Le troisième fleuve s'appelle le Tigre : il coule à l'orient d'Assur. Le quatrième fleuve est l'Euphrate. Yahvé Dieu prit l'homme et l'établit dans le jardin d'Éden pour le cultiver et le garder. Et Yahvé Dieu fit à l'homme ce commandement : " Tu peux manger de tous les arbres du jardin . Mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car, le Jour où tu en mangeras, tu mourras certainement."

 

Le jardin d'Éden

Poème épique, Le Paradis perdu , a été écrit par le poète anglais aveugle en 1667. C'est une description de l'enfance de la Nature et il fait le lien entre la Bible, Homère et les concepts modernes de liberté et de virginité de la Nature.


 
" Le jardin d'Éden était placé au milieu d'une plaine délicieuse, couverte de verdure, qui s'étendait sur le sommet d'une haute montagne, et formait, en la couronnant, un rempart inaccessible. [...]

Au milieu de ce charmant paysage, un jardin, encore plus délicieux avait eu Dieu lui-même pour ordonnateur. Il avait fait sortir de ce fertile sein tous les arbres les plus propres à charmer les yeux, à flatter l'odorat et le goût. Au milieu d'eux s'élevait l'arbre de vie, d'où découlait l'ambroisie d'un or liquide. Non loin était l'arbre de la science du bien et du mal, qui nous coûte si cher ; arbre fatal dont le germe a produit la mort !

Dans ce jardin coulait, vers le midi, une large rivière, dont le cours ne changeait point, mais qui disparaissait sous la montagne du paradis, dont la masse le couvrait entirèrement ; le Seigneur ayant posé cette montagne, qui servait de fondement à son jardin, sur cette onde rapide, qui, doucement attirée par la terre altérée et poreuse, montait dans ses veines jusqu'au sommet, d'où elle sortait en claire fontaine, et se partageait en plusieurs ruisseaux, qui, après avoir arrosé tout le jardin, se réunissaient pour se précipiter du haut de cette montagne escarpée, et après avoir formé une superbe escadre, se divisaient en quatre principales rivières, et traversaient différents empires.

Que n'est-il possible à l'art de décrire cette fontaine de saphir, dont les ruisseaux argentins et tortueux, roulant sur des perles orientales et sur des sables d'or, formaient des labyrinthes infinis sous les ombrages qui les couvraient, en versant le nectar sur toutes les plantes, et nourrissant des fleurs dignent du paradis ! Elles n'étaient point rangées en compartiments symétriques, ni en bouquets façonnés par l'art. La nature bienfaisante les avait répandues avec profusion, sur les collines, dans les vallons, dans les plaines découvertes qu'échauffaient doucement les rayons du soleil, et dans ces berceaux où des ombrages épais conservaient pendant l'ardeur du jour une agréable fraîcheur.

Cette heureuse et champêtre habitation charmait les yeux par sa variété : la nature, encore dans son enfance, et méprisant l'art et les règles, y déployaient toutes ses grâces et toute saliberté. On y voyait des champs et des tapis verts admirablement nuancés, et environnés de riches bocages remplis d'arbres de la plus grande beauté : des uns coulaient les baumes précieux, la myrrhe et les gommes odoriférantes ; aux autres étaient suspendus des fruits brillants et dorés, qui charmaient l'oeil et le goût. Tout ce que la fable attribue de merveilleux aux vergers des Hespérides s'offrait réellement dans l'admirable jardin d'Éden. Entre ces arbres paraissaient des tapis de verdure : sur les penchants des vallons et des petites collines on voyait des troupeaux qui paissaient l'herbe tendre. Ici, les palmiers couvraient de jolis monticules ; là, des ruisseaux serpentaient dans le sein d'un vallon couvert de fleurs et de roses sans épines. D'un autre côté, paraissaient des grottes impénétrables aux rayons du soleil, et des cavernes où régnait une fraîcheur délicieuse. Elles étaient couvertes de vignes qui, étendant de tous côtés leurs branches flexibles, offraient en abondance des grappes de pourpres. Les ruisseaux coulant avec un doux murmure, formaient d'agréables cascades le long des collines et se dispersaient ensuite, ou se réunissaient dans un beau lac, qui présentait son miroir de cristal à ses rivages émaillés de fleurs et couronnées de myrtes. Les oiseaux formaient un choeur mélodieux, et les zéphyrs, portant avec eux les odeurs suaves des vallons et des bocages, murmuraient entre les feuilles légèrement agitées, tandis que Pan, dansant avec les Grâces et les Heures, menait à sa suite un printemps éternel.
 

John Milton,
Le Paradis perdu, 1667


 

 


Mais où donc est situé ce jardin ? Par tradition, on le situe en Mésopotamie, au nord. On peut en déduire ceci car un pommier y poussait sans irrigation. Pour être plus précis, si on parle du Tigre et de l'Euphrate, on pourrait dire qu'il était dans l'Irak actuel .

 


 


Mise à jour : 27 janvier 2002

© Un jardin ... une histoire
1998-2002

 

Graphiques par Lucie

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