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Le jardin d'Éden
Cette page est consacrée à ce Paradis perdu que tous recherchent avidement . Les textes cités ici sont tous tirés d'un merveilleux petit livre, "Tous les jardins du monde", de Gabrielle Van Zuylen aux Éditions Découvertes Gallimard, Art de vivre.
Au temps où Yahvé Dieu fit la terre et le ciel, il n'y avait encore aucun arbuste des champs sur la terre et aucune herbe des champs n'avait encore poussé, car Yahvé Dieu n'avait pas fait pleuvoir sur la terre et il n'y avait pas d'homme pour cultiver le sol. Toutefois, un flot montait de terre et arrosait toute la surface du sol. Alors Yahvé Dieu modela l'homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l'homme devint un être vivant. Yahvé Dieu planta un jardin en Éden, à l'orient, et il y mit l'homme qu'il avait modelé. Yahvé Dieu fit pousser du sol toute espèce d'arbres séduisants à voir et bons à manger, et l'arbre de vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Un fleuve sortait d'Éden pour arroser le jardin et de là il se divisait pour former quatre bras. Le premier s'appelle le Pishôn : il contourne tout le pays de Havila, où il y a l'or ; l'or de ce pays est pur et là se trouvent le bdellium et la pierre d'onyx. Le deuxième fleuve s'appelle le Gihôn : il contourne tout le pays de Kush . Le troisième fleuve s'appelle le Tigre : il coule à l'orient d'Assur. Le quatrième fleuve est l'Euphrate. Yahvé Dieu prit l'homme et l'établit dans le jardin d'Éden pour le cultiver et le garder. Et Yahvé Dieu fit à l'homme ce commandement : " Tu peux manger de tous les arbres du jardin . Mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car, le Jour où tu en mangeras, tu mourras certainement."
Le jardin d'Éden Poème épique, Le Paradis perdu , a été écrit par le poète anglais aveugle en 1667. C'est une description de l'enfance de la Nature et il fait le lien entre la Bible, Homère et les concepts modernes de liberté et de virginité de la Nature.
Au milieu de ce charmant paysage, un jardin, encore plus délicieux avait eu Dieu lui-même pour ordonnateur. Il avait fait sortir de ce fertile sein tous les arbres les plus propres à charmer les yeux, à flatter l'odorat et le goût. Au milieu d'eux s'élevait l'arbre de vie, d'où découlait l'ambroisie d'un or liquide. Non loin était l'arbre de la science du bien et du mal, qui nous coûte si cher ; arbre fatal dont le germe a produit la mort ! Dans ce jardin coulait, vers le midi, une large rivière, dont le cours ne changeait point, mais qui disparaissait sous la montagne du paradis, dont la masse le couvrait entirèrement ; le Seigneur ayant posé cette montagne, qui servait de fondement à son jardin, sur cette onde rapide, qui, doucement attirée par la terre altérée et poreuse, montait dans ses veines jusqu'au sommet, d'où elle sortait en claire fontaine, et se partageait en plusieurs ruisseaux, qui, après avoir arrosé tout le jardin, se réunissaient pour se précipiter du haut de cette montagne escarpée, et après avoir formé une superbe escadre, se divisaient en quatre principales rivières, et traversaient différents empires. Que n'est-il possible à l'art de décrire cette fontaine de saphir, dont les ruisseaux argentins et tortueux, roulant sur des perles orientales et sur des sables d'or, formaient des labyrinthes infinis sous les ombrages qui les couvraient, en versant le nectar sur toutes les plantes, et nourrissant des fleurs dignent du paradis ! Elles n'étaient point rangées en compartiments symétriques, ni en bouquets façonnés par l'art. La nature bienfaisante les avait répandues avec profusion, sur les collines, dans les vallons, dans les plaines découvertes qu'échauffaient doucement les rayons du soleil, et dans ces berceaux où des ombrages épais conservaient pendant l'ardeur du jour une agréable fraîcheur. Cette
heureuse et champêtre habitation charmait les yeux par sa
variété : la nature, encore dans son enfance, et méprisant
l'art et les règles, y déployaient toutes ses grâces
et toute saliberté. On y voyait des champs et des tapis verts
admirablement nuancés, et environnés de riches bocages
remplis d'arbres de la plus grande beauté : des uns coulaient
les baumes précieux, la myrrhe et les gommes odoriférantes
; aux autres étaient suspendus des fruits brillants et dorés,
qui charmaient l'oeil et le goût. Tout ce que la fable attribue
de merveilleux aux vergers des Hespérides s'offrait réellement
dans l'admirable jardin d'Éden. Entre ces arbres paraissaient
des tapis de verdure : sur les penchants des vallons et des petites
collines on voyait des troupeaux qui paissaient l'herbe tendre.
Ici, les palmiers couvraient de jolis monticules ; là, des
ruisseaux serpentaient dans le sein d'un vallon couvert de fleurs
et de roses sans épines. D'un autre côté, paraissaient
des grottes impénétrables aux rayons du soleil, et
des cavernes où régnait une fraîcheur délicieuse.
Elles étaient couvertes de vignes qui, étendant de
tous côtés leurs branches flexibles, offraient en abondance
des grappes de pourpres. Les ruisseaux coulant avec un doux murmure,
formaient d'agréables cascades le long des collines et se
dispersaient ensuite, ou se réunissaient dans un beau lac,
qui présentait son miroir de cristal à ses rivages
émaillés de fleurs et couronnées de myrtes.
Les oiseaux formaient un choeur mélodieux, et les zéphyrs,
portant avec eux les odeurs suaves des vallons et des bocages, murmuraient
entre les feuilles légèrement agitées, tandis
que Pan, dansant avec les Grâces et les Heures, menait à
sa suite un printemps éternel. John
Milton,
Mise à jour : 27 janvier 2002 ©
Un jardin ... une histoire
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